Breaking down cultural barriers
Transposer une culture dans une autre par delà les barrières culturelles

Monday, 19 October 2009

Forough Farrokhzad: LA BRECHE VERS LE JARDIN

Ce corbeau
Qui, sur nos têtes,
S'est échappé du ciel froid
Pour s'enfoncer dans le chaos d’un songe de nuages errants,
Et survola l’horizon,
Du glaive court de son cri,

Ira, parler de nous, en ville

Les gens savent
Les gens savent
Que nous avons, toi et moi,
Vu le jardin, au-delà
De sa brèche sombre et froide,

Cueilli sa pomme à cette branche
Espiègle et haut perchée

Les gens ont peur
Le monde a peur
Sauf toi et moi
Qui agrippés
A l’eau,
A la lampe,
Au miroir
N'eûmes pas peur

Il n’est pas question ici
Du lien fragile de deux noms
Ni d’une union assignée
Aux archives d’un bureau

Il est question de la joie
Qu'ont mes cheveux
Sous tes baisers,
Ces anémones* calcinées

De l’intimité
Frauduleuse de nos corps

De leur nudité rutilante
D’écailles de poisson sous l’eau

Du son bref et argenté
Du petit jet d'eau, dans l'aube

Une nuit,
Nous avons dit,
Aux lièvres de ces forêts
Luxuriantes et fluides
Aux nacres perlières, en ces mers
Sauriennes et tourmentées
Aux aiglons de ce piton
Surélevé, inconnu :
Que faut-il faire?

Les gens savent
Les gens savent
Que nous dormons du sommeil
Froid et muet des Simorghs

Nous avons trouvé l'évidence
Dans le parterre
Dans le regard plein de honte
D'une fleur qui n'a plus de nom
Nous avons vu la survivance
Dans l’instant illimité
Où deux soleils s’éblouissent

Nous ne parlons pas ici
De cachotteries timides
En plein soleil de midi
Mais nous parlons de plein jour
Et de fenêtres ouvertes
Et de grand air

D'un feu de choses calcinées,
D’une terre autrement semée,
De naissance
D'évolution
De fierté

Il est question de nos mains amoureuses qui,
La nuit
Sont une arche de parfums et de lumière et de brise

Viens dans le pré
Le vaste pré, pour m'appeler,
De derrière
Le souffle des fleurs d'acacias,
Comme le cerf, sa femelle,

Les rideaux sont alourdis d'une rage contenue
Et candides, les pigeons,
Du haut de leur sommité blanche,
Regardent la terre
En bas


Poème de Forough Farrokhzad
tiré du receuil " Renaissance "
traduit du persan par Sylvie M. Miller

*note du traducteur:
شقایق est traduit par "coquelicot" dans le dictionnaire de G. Lazare
et par "anémone" dans le dictionnaire de F. Steingass.
Beaucoup ici ont choisi "anémone", pour l'intensité du texte.
Si la préférence va vers "coquelicots" la traduction du vers pourrait être
"Ces coquelicots brûlés"

آن كلاغي كه پريد
از فراز سرما
و فرو رفت در انديشه آشفته ابري ولگرد
و صدايش همچون نيزه كوتاهي پهناي افق را پيمود
خبر ما را با خود خواهد برد به شهر
همه مي دانند
همه مي دانند
كه من و تو از آن روزنه سرد عبوس
باغ را ديديم
و از آن شاخه بازيگر دور از دست
سيب را چيديم
همه مي ترسند
همه مي ترسند اما من و تو
به چراغ و آب و آينه پيوستيم
و نترسيديم
سخن از پيوند سست دو نام
و هم آغوشي در
اوراق كهنه يك دفتر نيست
سخن از گيسوي خوشبخت منست
با شقايق هاي سوخته بوسه تو
و صميميت تن هامان در طراري
و درخشيدن عريانيمان
مثل فلس ماهي ها در آب
سخن از زندگي نقره اي آوازيست
كه سحرگاهان فواره كوچك مي خواند
ما در آن جنگل سبز سيال
شبي از خرگوشان
وحشي
و در آن درياي مضطرب خونسرد
از صدف هاي پر از مرواريد
و در آن كوه غريب فاتح
از عقابان جوان پرسيديم
كه چه بايد كرد ؟
همه مي دانند
همه مي دانند
ما به خواب سرد و ساكت سيمرغان ره يافته ايم
ما حقيقت را در باغچه پيدا كرديم
در نگاه شرم آگين گلي
گمنام
و بقا را در يك لحظه نا محدود
كه دو خورشيد به هم خيره شدند
سخن از پچ پچ ترساني در ظلمت نيست
سخن از روزست و پنجره هاي باز
و هواي تازه
و اجاقي كه در آن اشيا بيهده مي سوزند
و زميني كه ز كشتي ديگر بارور است
و تولد و تكامل و غرور
سخن از دستان
عاشق ماست
كه پلي از پيغام عطر و نور و نسيم
بر فراز شبها ساخته اند
به چمنزار بيا
به چمنزار بزرگ
و صدايم كن از پشت نفس هاي گل ابريشم
همچنان آهو كه جفتش را
پرده ها از بغضي پنهاني سرشارند
و كبوترهاي معصوم
از بلندي هاي برج سپيد خود
به زمين مي نگرند


شعر "فتح باغ" از دفتر شعر "تولدی دیگر" شاعر "فروغ فرخزاد"

http://www.youtube.com/watch?v=ywAsoOCI2PE

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