Breaking down cultural barriers
Transposer une culture dans une autre par delà les barrières culturelles

Tuesday, 8 February 2011

Ahmad Shamlou - L'ODE A L'AURORE

Dans le delta du soir, le fleuve
reprend l'ode pour l'aurore
et le jour naît du dernier souffle
plein d'attente de la nuit

et voici que ce point de jour,
qui - pour que les petits oiseaux de la faune des couleurs
sortent de leur sommeil muet,
dans les bouquets du tapis -
s'en vient ternir à l'étagère
la flamme de ma lampe
et monte,
- comme une reconciliation -
dans mon sang ensoleillé

qu'en son mihrâb, une religion
éternelle
donne à son dévot, à son culte, à sa prière,
à son Dieu, la même splendeur,
me fait une créature de Dieu
de même que Dieu fait l'esclave

tout le printemps et ses feuillages
se trouvent au bout de tes doigts
et  l'atmosphère se consume à leur contact argenté

et de la vase des fontaines
l'eau surgit en abondance
sous ton soleil et sous ta pluie

parle les mots les plus beaux,
authentifie la torture dissimulée de ton silence
et ne crains pas que l'on dise
"vous chantez un chant futile"
car notre chant n'est pas absurde
ni l'amour
un mot léger

laisse même que le soleil
- s'il doit courtiser la misère -
n'éclaire pas non plus demain
car l'amour lui-même
est demain
car l'amour lui-même
est toujours

par delà cris et bravoures, je viens à toi avec l'amour
le plus vaste de la terre
car rien ne me fut plus immense
que ta présence auprès de moi

car tel un papillon, ton coeur
est petit, épris,
délicat

ô toi, la bien aimée comblée
du don de la feminité
et qui,
par ton amour, as fait
la fierté de ton engeance

ô patiente, adoratrice, ô fidèle,
ta victoire est le fruit de
ce que tu es
tu as réduit neiges, averses,
tempêtes, soleil
cribleur de feu,
à l'endurance, à la patience
reste, jusqu'à ce qu'ait mûrit
le fruit de ton assurance

femme dont la robe tient
le premier repas du soleil
que ton destin soit celui
de l'amour victorieux

on ne peut faire ni sens de toi, ni aperçu :
un papillon qui bat des ailes
d'accord avec un fleuve mourant

aucune chose ne se répète et la vie touche sa fin:
le papillon s'est posé sur une fleur d'arbre fruitier
et le fleuve
a rejoint la mer


Ahmad Shâmlou
traduit par Sylvie M. Miller

écouter le poème ici
رود قصیده‌ی بامدادی را... 

رود
 قصیده‌ی بامدادی را
 در دلتای شب
 مکرر می‌کند
و روز
از آخرین نفس شب پرانتظار

 آغاز می‌شود.
و اکنون سپیده‌دمی که شعله‌ی چراغ مرا
در طاقچه بی‌رنگ می‌کند
تا مرغکان بومیِ رنگ را
در بوته‌های قالی از سکوت خواب برانگیزد،
پنداری آفتابی است
که به آشتی
در خون من طالع می‌شود.
اینک محراب مذهب جاودانی که در آن
عابد و معبود و عبادت و معبد
 جلوه‌ای یکسان دارند:
بنده پرستش خدای می‌کند
هم از آنگونه
که خدای
بنده را.

همه‌ی برگ و بهار
در سر انگشتان توست.
هوای گسترده
 در نقره‌ی انگشتانت می‌سوزد
و زلالیِ چشمه‌ساران
از باران و خورشید تو سیراب می‌شود.

زیباترین حرفت را بگو
شکنجه‌ی پنهان سکوتت را آشکار کن
و هراس مدار از آن که بگویند
ترانه‌ای بیهوده می‌خوانید.-
چراکه ترانه‌ی ما
ترانه‌ی بیهودگی نیست
چرا که عشق
حرفی بیهوده نیست.

حتی بگذار آفتاب نیز برنیاید
به خاطر فردای ما
اگر
بر ماش منتی است؛
چرا که عشق
خود فرداست
خود همیشه است.

بیشترین عشق جهان را به سوی تو می‌آورم
از معبر فریادها و حماسه‌ها.
چرا که هیچ چیز در کنار من
از تو عظیم‌تر نبوده است
که قلب‌ات
چون پروانه‌ای
ظریف و کوچک و عاشق است.

ای معشوقی که سرشار از زنانگی هستی
و به جنسیت خود غره‌ای
به خاطر عشقت!-
ای صبور! ای پرستار!
ای مومن!
پیروزیِ تو میوه‌ی حقیقت توست.

رگبارها و برف را
توفان و آفتاب آتش‌بیز را
به تحمل و صبر
شکستی.
باش تا میوه‌ی غرورت برسد.

ای زنی که صبحانه‌ی خورشید در پیراهن توست،
پیروزیِ عشق نصیب تو باد!

از برای تو، مفهومی نیست
نه لحظه‌ای:
پروانه‌ئی‌ست که بال می‌زند
یا رودخانه‌ای که در گذر است. -

هیچ چیز تکرار نمی‌شود
و عمر به پایان می‌رسد:
پروانه
بر شکوفه‌ای نشست
و رود به دریا پیوست


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