Quelqu’un m’a donné une feuille
rapportée des bois voisins
Une simple feuille
On dirait une chose en bronze
à peine retirée du feu,
un quelconque objet fragile
que l’automne aurait lavé
de son haleine frissonnante
On dirait que c’est la plume
en feu d’un oiseau royal
je la retourne entre mes mains
je l'admire comme on ferait
d’ une offrande rarissime
Au bout de mes doigts émus
ce que j'entends sont tous les bois
qui se plaignent et gémissent
L’automne est parti, tout tremblant,
et c’est une autre saison
qu'on a arrachée à nos coeurs
puis perdue
Un espoir qu’on alluma
L’histoire muette de nos vies
Un chant doré dont les voix
furent dispersées
Je m’approche de la cheminée
et vers sa flamme,
tends mes doigts transis de froid
par le trépas de l’automne
texte original de Kostan Zaryan (1885-1969)
traduit par Sylvie M. Miller
lire l'original en anglais sur Armenian Poetry Project
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Thursday, 28 January 2010
Wednesday, 12 August 2009
Kostan Zaryan : CLAIR DE LUNE
La lune avance
Cristalline
Sur ce tapis de vers luisants
Un clavecin tinte dans l’air
Et la mer
Diffuse l’or
De ses hauts chemins royaux
Prenons la route de nulle part
Là où le rêve, tel un banjo,
Tremble devant les espoirs fous
Là où l’attrait s’est tissé
Sa chemise pour l’hiver
Où, les oiseaux argentés
Chantent, sans voix.
C’est un voyage vers une terre
Où les falaises et les coteaux
De la raison
Ne se rencontrent jamais
Où le cœur suit le froissement
Cassant des secrets nocturnes
Où un vaisseau de lumière,
Afin d'éclairer le destin,
Porte le mât solitaire
D’un poème qui s’est perdu
Partons – Une flotte d'étoiles lumineuses –
Grain mûr touché par la brise –
Secoue – et pour aller où? - sa longue chevelure d’or.
Lève ton verre
Laisse que l’imaginaire
Y fasse couler le vin
Vert
De la mer
Ici, ton cœur,
Avec la lune,
Devient un songe sur le dos
D’un grand cheval argenté.
texte original de Kostan Zaryan (1885-1969)
traduit par Sylvie M. Miller
lire l'original en anglais sur Armenian Poetry Project
Cristalline
Sur ce tapis de vers luisants
Un clavecin tinte dans l’air
Et la mer
Diffuse l’or
De ses hauts chemins royaux
Prenons la route de nulle part
Là où le rêve, tel un banjo,
Tremble devant les espoirs fous
Là où l’attrait s’est tissé
Sa chemise pour l’hiver
Où, les oiseaux argentés
Chantent, sans voix.
C’est un voyage vers une terre
Où les falaises et les coteaux
De la raison
Ne se rencontrent jamais
Où le cœur suit le froissement
Cassant des secrets nocturnes
Où un vaisseau de lumière,
Afin d'éclairer le destin,
Porte le mât solitaire
D’un poème qui s’est perdu
Partons – Une flotte d'étoiles lumineuses –
Grain mûr touché par la brise –
Secoue – et pour aller où? - sa longue chevelure d’or.
Lève ton verre
Laisse que l’imaginaire
Y fasse couler le vin
Vert
De la mer
Ici, ton cœur,
Avec la lune,
Devient un songe sur le dos
D’un grand cheval argenté.
texte original de Kostan Zaryan (1885-1969)
traduit par Sylvie M. Miller
lire l'original en anglais sur Armenian Poetry Project
Kostan Zaryan : AMOUR A VENISE
Parce que l’épaule de l’automne
A découvert un peu de ciel
L’air a enflammé ses ruches
Pleines d’abeilles
Et la feuille tombe en son trépas
Balancée dans un bruit de lune
Quelque part la mer chuchote
Dans les arbres
L’âme
Se cherche
En ce cercueil d’or frissonnant,
L’âme
Se confie une évidence:
Le secret rouge des floraisons
Où aller poser ma tête ?
L’heure a son regard d’agneau
L’ombre frémit
L’astre
Se double à l’ infini
L’exil m’ayant pris par les mains
Mon cœur m’entraîne
Sur la berge
Et la nuit verse
Goutte à goutte un chant devin - en goutte à goutte ;
Verse
Comme dans la main
Démesurée d’un mendiant
Les monnaies fraîchement frappées
De quelqu’ange maladroit
Et cependant
Parce que l’automne
A découvert un peu de ciel
L’âme soulève
Enivrée,
L’évidence rouge de son secret :
Désir brûlant,
Déraciné
Cependant qu’enfiévrée, ma tête
Emue et envahie d'amour,
Penche vers toi
Seul
je suis venu chez toi
Et sur ce lit où hier
Déjà
Ta fièvre consumait mes lèvres
Je me suis plié vers toi
Présence douce
Impondérable
Ainsi
Sur une corolle brune, O ma précieuse bien aimée,
J’entre dans l’éternité
Muettes, les lèvres du silence
Qui s’enivre
Obliques
Les gerbes de lumières
Cierges dressés d'un sanctuaire.
Tout est spirale
L'aube déjà
A composé en son gosier
Le chant pour que demain le ciel
Souffle son bleu.
Pour que lancée sur le trapèze
d'un cirque miraculeux
L'âme amplifie son ardeur
Quand
Tout à l'heure, je m'en irai
Ton ombre viendra frissonnante
Sur mes traces
Le silence
Un blanc message
Volets clos, âmes aimables
En cette heure incandescente
Mon cœur pénètre son mystère
Mon pas titube et la clef tremble
Tison ardent dans ma main
Quand
Tout à l'heure je m'en irai
Ton ombre viendra essoufflée
Prendre la clef de mes mains
Pour que le ciel souffle son bleu
Et que mes mains demeurent chaudes
Et pures
texte original de Kostan Zaryan (1885-1969)
traduit par Sylvie M. Miller
lire l'original en anglais sur Armenian Poetry Project
A découvert un peu de ciel
L’air a enflammé ses ruches
Pleines d’abeilles
Et la feuille tombe en son trépas
Balancée dans un bruit de lune
Quelque part la mer chuchote
Dans les arbres
L’âme
Se cherche
En ce cercueil d’or frissonnant,
L’âme
Se confie une évidence:
Le secret rouge des floraisons
Où aller poser ma tête ?
L’heure a son regard d’agneau
L’ombre frémit
L’astre
Se double à l’ infini
L’exil m’ayant pris par les mains
Mon cœur m’entraîne
Sur la berge
Et la nuit verse
Goutte à goutte un chant devin - en goutte à goutte ;
Verse
Comme dans la main
Démesurée d’un mendiant
Les monnaies fraîchement frappées
De quelqu’ange maladroit
Et cependant
Parce que l’automne
A découvert un peu de ciel
L’âme soulève
Enivrée,
L’évidence rouge de son secret :
Désir brûlant,
Déraciné
Cependant qu’enfiévrée, ma tête
Emue et envahie d'amour,
Penche vers toi
Seul
je suis venu chez toi
Et sur ce lit où hier
Déjà
Ta fièvre consumait mes lèvres
Je me suis plié vers toi
Présence douce
Impondérable
Ainsi
Sur une corolle brune, O ma précieuse bien aimée,
J’entre dans l’éternité
Muettes, les lèvres du silence
Qui s’enivre
Obliques
Les gerbes de lumières
Cierges dressés d'un sanctuaire.
Tout est spirale
L'aube déjà
A composé en son gosier
Le chant pour que demain le ciel
Souffle son bleu.
Pour que lancée sur le trapèze
d'un cirque miraculeux
L'âme amplifie son ardeur
Quand
Tout à l'heure, je m'en irai
Ton ombre viendra frissonnante
Sur mes traces
Le silence
Un blanc message
Volets clos, âmes aimables
En cette heure incandescente
Mon cœur pénètre son mystère
Mon pas titube et la clef tremble
Tison ardent dans ma main
Quand
Tout à l'heure je m'en irai
Ton ombre viendra essoufflée
Prendre la clef de mes mains
Pour que le ciel souffle son bleu
Et que mes mains demeurent chaudes
Et pures
texte original de Kostan Zaryan (1885-1969)
traduit par Sylvie M. Miller
lire l'original en anglais sur Armenian Poetry Project
Kostan Zaryan : MATIN
Le pot de fleurs
Pulvérisé
Par la lumière de l’aurore
Le sang devenu parfum
J’élance un bras ;
La branche attire à elle mes mains
L’arbre frémit
C’est que les nuages courent
Beaucoup trop vite
Que l’arche du ciel
Suit mes yeux
Et souligne mes sourcils
Nu-pieds, j’avance sur le marbre
Parfait de l’aube
Et m’engage dans l’aurore
La neige vierge
Au bout des doigts
texte original de Kostan Zaryan (1885-1969)
traduit par Sylvie M. Miller
lire l'original en anglais sur Armenian Poetry Project
Pulvérisé
Par la lumière de l’aurore
Le sang devenu parfum
J’élance un bras ;
La branche attire à elle mes mains
L’arbre frémit
C’est que les nuages courent
Beaucoup trop vite
Que l’arche du ciel
Suit mes yeux
Et souligne mes sourcils
Nu-pieds, j’avance sur le marbre
Parfait de l’aube
Et m’engage dans l’aurore
La neige vierge
Au bout des doigts
texte original de Kostan Zaryan (1885-1969)
traduit par Sylvie M. Miller
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