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Tuesday, 7 April 2020
Tatul Sonentz - L'APPEL
L’APPEL
C’était un jour d’été
En cette terre ancienne
Où, suprême, un soleil païen avait régné
Sur l’implacable lutte
Entre crainte et espoir
Dans le cycle sans fin de la création
Dans les rues d’une ville
Combattant ce qui fut pour ce qui devait être
- Adam combattant Eve –
Tu es venue curieuse, avec des yeux d’enfant
Pour voir l’aube nouvelle,
Ta main dans celle du destin
Tu te demandais qui méritait qu’on tirât
Quand la poitrine ouverte par une balle, tu tombas
Tes yeux jeunes d’enfant
Se tournèrent, grands ouverts,
Sur le soleil muet qui s’éteignait au ciel
Et voulait cette offrande…
Offrande calcinée sur un autel en sang
Des âmes qui s’envolent
Ton cri interrompu
Mais sitôt entendu
D’un coup fut englouti par ton cœur qui s’ouvrait
Saignant dans la poussière
Du long chemin pavé de peines
Qui nous mène
Au sanctuaire de l’âme
De l’être humain en quête
De paix dans un Eden ouvert et sans barreau
Tu es enfin chez toi
Nichée au fond du cœur
D’un million de témoins
Qui ont vu ton décès
Et ton regard figé
Est le flot de lumière
Devant l’obscurité.
Tatul Sonentz
Traduit de l’Anglais par Nanehlala
original:
THE CALL
On a summer day
in this ancient land
where a pagan sun
once reigned supreme
in a merciless encounter
between hope and fear
in the eternal sphere
of creation—
on the streets of a city
torn between what was
and what is to be—
between Adam
and Eve—on the eve
of a new dawn you ventured
forth with childlike candor
holding the hand
of destiny…
You wondered for whom
the shots were meant
as your chest exploded
and you fell…
your wide open young eyes
turned to the skies
to the fading light
of a silent sun
seeking an answer
to the divine thirst
for a sacrifice—
a burnt offering
on the blood soaked altar
of freedom of the soul…
Your unuttered call
yet to be heard
is suddenly silenced
by a pierced heart
bleeding on the dust
of a long road paved with pain
leading to the final abode
of the human spirit
in its quest for peace
in an Eden without bars…
You are home at last
nestled in a million hearts
that witnessed in your demise
and your frozen gaze
the surging triumph of light
over darkness.
(2009)
This poem has appeared in the Armenian Weekly in print and online in June 2009.
Sunday, 13 May 2012
Tatul Sonentz - KALEIDOSCOPE
Sur ma fenêtre
solitaire
Un prisme tombe
de tes cheveux
Dorés
d’antan
Gris maintenant
Prenant au piège
les rayons chétifs de mon soleil couchant
Puis jette au mur
de ma tanière
La lumière qui se
retire
En étoiles par
milliers, vibrantes et chamarrées
Interpelant les
cieux perdus depuis longtemps
Dans cette nuit
infinie
Qu’est la mémoire qui s’enfuit
Rapide comme la lumière
Qu’est la mémoire qui s’enfuit
Rapide comme la lumière
Tatul Sonentz
traduit de
l'anglais par Sylvie M. Miller
Thursday, 1 October 2009
Tatul Sonentz : Paisible Séduction
Tous les ans,
dès que l'hiver
exhale ses premiers relents
les arbres
laissent
pour la plupart
choir leur habit
vert opulent
jaune
orange
cramoisi
et exhibant fièrement
leurs membres nus
et brillants
tentent d'attirer
de séduire
un soleil pâle
et impuissant
Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
dès que l'hiver
exhale ses premiers relents
les arbres
laissent
pour la plupart
choir leur habit
vert opulent
jaune
orange
cramoisi
et exhibant fièrement
leurs membres nus
et brillants
tentent d'attirer
de séduire
un soleil pâle
et impuissant
Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
Monday, 14 September 2009
Tatul Sonentz : Démenti d'Avril
Les vents de mars, cette année
Sont arrivés en avril
Sous le soleil et dans la pluie
Floués les arbres ont gardé
Leurs bourgeons un jour de plus
Le long de nos routes grises
Surprises par les jours d’été
Qui succédaient aux nuits d’hiver
La vérité, cette année,
Révélée par des courants
Universels et mauvais
De tricherie
De démenti
N’a plus sa place au soleil…
Et pourtant
L’arbre d’espoir,
Sans accorder un regard
Aux nuits noires de l’hiver
Aux pluies glacées
S’est recouvert
Du rouge sang
De ses bourgeons.
Poème de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
Sont arrivés en avril
Sous le soleil et dans la pluie
Floués les arbres ont gardé
Leurs bourgeons un jour de plus
Le long de nos routes grises
Surprises par les jours d’été
Qui succédaient aux nuits d’hiver
La vérité, cette année,
Révélée par des courants
Universels et mauvais
De tricherie
De démenti
N’a plus sa place au soleil…
Et pourtant
L’arbre d’espoir,
Sans accorder un regard
Aux nuits noires de l’hiver
Aux pluies glacées
S’est recouvert
Du rouge sang
De ses bourgeons.
Poème de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
Sunday, 6 September 2009
Tatul Sonentz : Bonjour Adieu
Voici que nous nous retrouvons
Toi et moi dans le présent
En cet endroit particulier
D'un recoin de l'univers
Après une éternité
Ou simplement
Quelques instants
Si tu préfères
Ceci n’est dû qu’à ton choix – bien qu’il ne coule d’aucune loi
D'homme, de Dieu,
D’ici bas
De l'écart
Entre ciel et terre
D’un dessin, d'un théorème,
D'un secret resté couvert
Par l’univers indifférent
Et son désordre planifié
Ainsi donc, nous revoilà
Toi et Moi
Encore une fois,
Pile et face d'une monnaie
Qui n'a pas cours dans les bazars
D'un paradis perdu
Ruiné
Et qui veut être échangée
Tandis que pour s'amuser
Le destin la fait sauter
Au hasard d'un jeu mortel
Nous voici
Tenant toujours
Sur des jambes qui ne tiennent pas
Perdant la vue, les neurones,
Abandonnés par les artères
Qu’un cœur en pleine destruction
Ensevelit
De ses débris
Et dont les roulements derniers
De tambour
Restent sans voix
Dans cet endroit
Surpeuplé
Surpeuplé et solitaire
Mais soyons clairs
Ta performance, enfiévrée par l'interdit du péché originel,
Fut une parfaite imitation
D’Eve et du serpent cachant leur premier crime passionnel
Sous une feuille de figuier
Sache que tu as fait ton temps
Ici bas
Et qu’il est temps
De retourner à ta fange
Et moi, à ma liberté.
Tatul Sonentz
Toi et moi dans le présent
En cet endroit particulier
D'un recoin de l'univers
Après une éternité
Ou simplement
Quelques instants
Si tu préfères
Ceci n’est dû qu’à ton choix – bien qu’il ne coule d’aucune loi
D'homme, de Dieu,
D’ici bas
De l'écart
Entre ciel et terre
D’un dessin, d'un théorème,
D'un secret resté couvert
Par l’univers indifférent
Et son désordre planifié
Ainsi donc, nous revoilà
Toi et Moi
Encore une fois,
Pile et face d'une monnaie
Qui n'a pas cours dans les bazars
D'un paradis perdu
Ruiné
Et qui veut être échangée
Tandis que pour s'amuser
Le destin la fait sauter
Au hasard d'un jeu mortel
Nous voici
Tenant toujours
Sur des jambes qui ne tiennent pas
Perdant la vue, les neurones,
Abandonnés par les artères
Qu’un cœur en pleine destruction
Ensevelit
De ses débris
Et dont les roulements derniers
De tambour
Restent sans voix
Dans cet endroit
Surpeuplé
Surpeuplé et solitaire
Mais soyons clairs
Ta performance, enfiévrée par l'interdit du péché originel,
Fut une parfaite imitation
D’Eve et du serpent cachant leur premier crime passionnel
Sous une feuille de figuier
Sache que tu as fait ton temps
Ici bas
Et qu’il est temps
De retourner à ta fange
Et moi, à ma liberté.
Tatul Sonentz
Thursday, 27 August 2009
Tatul Sonentz : Patinages dans le Maine
Dans le noir d’encre de cette nuit
De décembre
Des galaxies de flocons
Nous assaillirent sur un vent
Qui du Nord Est descendait
Vers le sud
Comme nous dans la voiture
Seule sur une route inconnue
Cachée au cœur de l’univers
Fragmenté en minuscules
Etoiles brillantes qui heurtaient
Le pare brise et congelées
Se collaient aux essuies glace
Et aux deux phares aveuglés
Qui sondaient
Nous avions eu d’autres nuits
Sur l’autoroute sous la lune
Voilée d’étoiles distantes
Sous un avion solitaire
Qui volait de quelque part
A autre part
Remplis de fugueurs d’ennui
Ou de tristesse infinie
Mais cette nuit de décembre
Nous étions seuls toi et moi
Un trio de sang humain
Et de machine qui gelait
Et l’essence qui brûlait
Retenus dans le maelstrom
D’une tempête qui rageait
Neige, vent, émoi, passion
Et désir
Et puis le matin ... plus rien!
Texte de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
De décembre
Des galaxies de flocons
Nous assaillirent sur un vent
Qui du Nord Est descendait
Vers le sud
Comme nous dans la voiture
Seule sur une route inconnue
Cachée au cœur de l’univers
Fragmenté en minuscules
Etoiles brillantes qui heurtaient
Le pare brise et congelées
Se collaient aux essuies glace
Et aux deux phares aveuglés
Qui sondaient
Nous avions eu d’autres nuits
Sur l’autoroute sous la lune
Voilée d’étoiles distantes
Sous un avion solitaire
Qui volait de quelque part
A autre part
Remplis de fugueurs d’ennui
Ou de tristesse infinie
Mais cette nuit de décembre
Nous étions seuls toi et moi
Un trio de sang humain
Et de machine qui gelait
Et l’essence qui brûlait
Retenus dans le maelstrom
D’une tempête qui rageait
Neige, vent, émoi, passion
Et désir
Et puis le matin ... plus rien!
Texte de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
Tuesday, 25 August 2009
Tatul Sonentz : Chute Finale
Il fut un temps où tu savais
Tirer du vin de mes larmes
Puis faire tourner mon vin
En larmes
Où tu prenais mon soleil
Et te moquais
De mon angoisse
De me retrouver au fond
D’un ravin
Noir de solitude
Tu me fis voir des étoiles
En plein jour
Me fis t’adorer sans effort
En souriant
En chuchotant
En soupirant
Puis tu m’accordas des ailes
Me hissant vers l’inconnu
Où pendu aux lyres brisées
Des chutes finales
Je chantais
Poème de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
Tirer du vin de mes larmes
Puis faire tourner mon vin
En larmes
Où tu prenais mon soleil
Et te moquais
De mon angoisse
De me retrouver au fond
D’un ravin
Noir de solitude
Tu me fis voir des étoiles
En plein jour
Me fis t’adorer sans effort
En souriant
En chuchotant
En soupirant
Puis tu m’accordas des ailes
Me hissant vers l’inconnu
Où pendu aux lyres brisées
Des chutes finales
Je chantais
Poème de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
Tatul Sonentz : Indiscrétion
Je m’inquiétais auprès du vent
« Pourquoi hurler ? »
Il répondit :
« Quelle question ! »
Je lui dis
« Je veux savoir »
Il reprit
« Pourquoi savoir ? »
Je répliquai
« Je suis curieux »
« Et bien pas moi »
Rétorqua-t-il
« Je hurle car je suis le vent »
Poème de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie S. Miller
« Pourquoi hurler ? »
Il répondit :
« Quelle question ! »
Je lui dis
« Je veux savoir »
Il reprit
« Pourquoi savoir ? »
Je répliquai
« Je suis curieux »
« Et bien pas moi »
Rétorqua-t-il
« Je hurle car je suis le vent »
Poème de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie S. Miller
Tatul Sonentz : Géographie
On peut me voir dans cet endroit
Qui s’appelle le présent
Un lieu étroit
Loin du temps
Et sans horloge
Pour le compter
Sans souvenir
Des jours passés
Sans vision
Du lendemain
Pour me guider
De l’aube au soir
Je suis
Je fus
Je serai
Pour toujours le prisonnier
Entre la mémoire et le rêve
Entre l’espoir et regret
Dans cette écharde qu’est le temps
Entre le berceau et le suaire
Poème de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
Qui s’appelle le présent
Un lieu étroit
Loin du temps
Et sans horloge
Pour le compter
Sans souvenir
Des jours passés
Sans vision
Du lendemain
Pour me guider
De l’aube au soir
Je suis
Je fus
Je serai
Pour toujours le prisonnier
Entre la mémoire et le rêve
Entre l’espoir et regret
Dans cette écharde qu’est le temps
Entre le berceau et le suaire
Poème de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
Tatul Sonentz : L'arbre de l'amour
Je sais que je ne verrai plus
Un poeme de trois mots
Aussi ravissant et triste
Que celui vu dans ma jeunesse
Au tronc tordu d’un vieil arbre
Gravé en lettres profondes
Au travers d’un cœur percé
« jean aime marie »
A présent dans son linceul
De résine desséchée
Qui suinte de la plaie
De ce vieux chêne blessé.
Poème de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
Un poeme de trois mots
Aussi ravissant et triste
Que celui vu dans ma jeunesse
Au tronc tordu d’un vieil arbre
Gravé en lettres profondes
Au travers d’un cœur percé
« jean aime marie »
A présent dans son linceul
De résine desséchée
Qui suinte de la plaie
De ce vieux chêne blessé.
Poème de Tatul Sonentz
traduit par Sylvie M. Miller
Tuesday, 18 August 2009
Tatul Sonentz Papazian : EVE
Je t'ai rencontrée en complice
Naviguant seule dans les eaux
Glauques de la création
Et de sa mise sur papier
Tâche plus longue que le temps
Imparti au Créateur
Pour rêver, pour repenser,
Pour créer, puis adapter
Dans sa hâte solitaire
Ce chaos qu’est l’univers
En ce voyage débridé,
Je m’ébrouais, je m’étranglais,
Sur le sang qui t'habitait
Passant du flou à la clarté
Du calme aux vociférations
Tandis que pendu tête en bas
Je te hurlais mon effroi
Et forçais l’air pour survivre
En mes poumons non-initiés.
Affamé, je m'agrippais
A l'opulence de tes seins
Pour me nourir, me rassurer,
Te vénérant comme une mère
Te rejetant comme la complice
Des convoitises d’un époux
Insatiable
Et consumé
De désir.
Puis tu devins une soeur pour moi
Que je me mis à aimer
Te partageant avec elle
Qui n’était autre que toi !
Mère
Grand-mère
Tante, nièce, sœur,
Maîtresse d’école,
Camarade,
Amie de jeux et de cœur
Amoureuse, fiancée,
Epouse, voisine
Et parfois
Plus intime encore...
Lorsque je t'ai rencontrée
Tu étais dans les Ecritures
Cabriolant dans l'ombre de
L’arbre unique du désir
Dont les racines comme des serpents
Et dont les fruits alléchants
Ont entravé la gorge d’Adam
Et voici qu’après m’avoir
Evincé du bel Eden
Ton talon cherche la tête
Du serpent pour l'écraser
Ou pour presser sur la trachée
Avec sa pomme entravée
Ou sur le cou dolent d’Adam.
Ton compagnon dans le péché.
Texte original de Tatul Sonentz
traduit de l'anglais par Sylvie M. Miller
Naviguant seule dans les eaux
Glauques de la création
Et de sa mise sur papier
Tâche plus longue que le temps
Imparti au Créateur
Pour rêver, pour repenser,
Pour créer, puis adapter
Dans sa hâte solitaire
Ce chaos qu’est l’univers
En ce voyage débridé,
Je m’ébrouais, je m’étranglais,
Sur le sang qui t'habitait
Passant du flou à la clarté
Du calme aux vociférations
Tandis que pendu tête en bas
Je te hurlais mon effroi
Et forçais l’air pour survivre
En mes poumons non-initiés.
Affamé, je m'agrippais
A l'opulence de tes seins
Pour me nourir, me rassurer,
Te vénérant comme une mère
Te rejetant comme la complice
Des convoitises d’un époux
Insatiable
Et consumé
De désir.
Puis tu devins une soeur pour moi
Que je me mis à aimer
Te partageant avec elle
Qui n’était autre que toi !
Mère
Grand-mère
Tante, nièce, sœur,
Maîtresse d’école,
Camarade,
Amie de jeux et de cœur
Amoureuse, fiancée,
Epouse, voisine
Et parfois
Plus intime encore...
Lorsque je t'ai rencontrée
Tu étais dans les Ecritures
Cabriolant dans l'ombre de
L’arbre unique du désir
Dont les racines comme des serpents
Et dont les fruits alléchants
Ont entravé la gorge d’Adam
Et voici qu’après m’avoir
Evincé du bel Eden
Ton talon cherche la tête
Du serpent pour l'écraser
Ou pour presser sur la trachée
Avec sa pomme entravée
Ou sur le cou dolent d’Adam.
Ton compagnon dans le péché.
Texte original de Tatul Sonentz
traduit de l'anglais par Sylvie M. Miller
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