Appelle-moi.
Ta voix est bonne.
Ta voix
est la chlorophylle de cette plante étrange dont - aux confins de l'intimité -
vient le chagrin
D’avoir voulu composer
sur mon entente d’une rue
ma solitude s’est accrue
en cette soirée morose
Viens,
que je te dise combien ma solitude est profonde;
ma solitude ne comptait pas sur l'assaut de ton emprise.
Et c'est ceci l'interêt
de l'amour
pas le sujet
Viens,
que nous volions la vie pour la partager en deux
et nous y rencontrer deux fois
Viens,
pour que nous comprenions l’attitude de la pierre
et que nous voyions tout plus vite
Regarde à l’écran du bassin, la trotteuse des jets d’eau
qui fait une sphère avec le temps
Liquéfie-toi comme un mot sur la ligne de mon vide
Viens faire fondre dans ma main, le crime irradiant de l’amour
Réchauffe-moi
Un jour,
le désert de Kachan s'était couvert de nuages.
Et il a plu une forte pluie.
Et j'ai eu froid et je trouvai
un foyer de coquelicots derrière une pierre pour me chauffer
Dans ces ruelles sans lumière, j’ai peur de la conjugaison
de l'allumette et du soupçon,
peur
de cette ère de ciment
Viens. Pour que je n’aie plus peur des grues des villes dans leurs prés
de terre noire
Ouvre moi, comme une porte,
sur un tapis de poires tombées
dans l’ascension du soir d’acier
Endors-moi sous une branche,
loin de la nuit gémissante de l'impact des métaux
Et si le créateur des mines du matin
vient
appelle-moi:
je m'éveillerai sous tes doigts, dans la naissance d'un jasmin
Après quoi,
tu me diras les bombes, alors que je dormais
tu me réciteras les joues qui se mouillèrent dans mon sommeil
et le nombre de canards qui s'envolèrent sur la mer
Et de quelle notion de paix,
- lorsque, dans l'échaffourée,
le rêve d'un enfant était sur le passage de l'armée -
le canari tissé de jaune s'inspira-t-il
pour chanter ?
Dis moi quels ports font entrer des articles vertueux?
et quelle science a détecté
les relents de poudre dans la musique salutaire?
et par quel raisonnement
la saveur secrète du pain exsude-t-elle une augure?
Dis-moi
et, comme une religion
prise à l'éclat de l'équateur,
je te placerai devant
l'allée première d'un jardin
Sohrab Sepehri
traduit du persan par Sylvie M. Miller
صدا کن مرا
صدای تو خوب است
صدای تو سبزینه آن گیاه عجیبی است
که در انتهای صمیمیت حزن می روید
در ابعاد این عصر خاموش
من از طعم تصنیف درمتن ادراک یک کوچه تنهاترم
بیا تابرایت بگویم چه اندازه تنهایی من بزرگ است
و تنهایی من شبیخون حجم ترا پیش بینی نمی کرد
و خاصیت عشق این است
کسی نیست
بیا زندگی را بدزدیم آن وقت
میان دو دیدار قسمت کنیم
بیا با هم از حالت سنگ چیزی بفهمیم
بیا زودتر چیزها را ببینیم
ببین عقرباک های فواره در صفحه ساعت حوض
زمان را به گردی بدل می کنند
بیا آب شو مثل یک واژه در سطر خاموشی ام
بیا ذوب کن در کف دست من جرم نورانی عشق را
مرا گرم کن
و یک بار هم در بیابان کاشان هوا ابر شد
و باران تندی گرفت
و سردم شد آن وقت در پشت یک سنگ
اجاق شقایق مرا گرم کرد
در این کوچه هایی که تاریک هستند
من از حاصل ضرب تردید و کبریت می ترسم
من از سطح سیمانی قرن می ترسم
بیا تا نترسم من از شهرهایی که خاک سیاشان چراگاه جرثقیل است
مرا باز کن مثل یک در به روی هبوط گلابی در این عصر معراج پولاد
مرا خواب کن زیر یک شاخه دور از شب اصطکاک فلزات
اگر کاشف معدن صبح آمد صدا کن مرا
و من در طلوع گل یاسی از پشت انگشت های تو بیدار خواهم شد
و آن وقت
حکایت کن از بمبهایی که من خواب بودم و افتاد
حکایت کن از گونه هایی که من خواب بودم و تر شد
بگو چند مرغابی از روی دریا پریدند
در آن گیر و داری که چرخ زره پوش از روی رویای کودک گذر داشت
قناری نخ زرد آواز خود را به پای چه احساس آسایشی بست
بگو در بنادر چه اجناس معصومی از راه وارد شد
چه علمی به موسیقی مثبت بوی باروت پی برد
چه ادراکی از طعم مجهول نان در مذاق رسالت تراوید
و آن وقت من مثل ایمانی از تابش استوا گرم
ترا در سر آغاز یک باغ خواهم نشانید