Breaking down cultural barriers
Transposer une culture dans une autre par delà les barrières culturelles
Showing posts with label Sohrab Sepehri - français. Show all posts
Showing posts with label Sohrab Sepehri - français. Show all posts

Wednesday, 10 March 2021

Sohrab Sepehri - La Lumiere, moi, les fleurs, l'eau

Aucun nuage, pas de vent,

Je m’assied sur la margelle du bassin, 

La ronde des poissons,

La lumière, moi, les fleurs, l’eau

La candeur des joies de la vie 

Ma mère cueille du basilic


Fromage, basilic, du pain, le ciel dépourvu de nuage, 

Parmi les fleurs de la cour,

Quelques petunias trempés

Qui attendent d'être sauvés


Cette tendresse qu'a la lumière 

Sur le cuivre du recipient.


L'échelle plus haute que le mur

Attire le matin sur terre


Sous le couvert d’un sourire

Une faille dans le mur du temps

Me laisse regarder au travers.


Il y a des choses que j’ignore


Je sais que je vais mourir

D'avoir cueilli ce brin d'herbe


Une fois au sommet de la côte,

Ailes et plumes pèsent sur moi,

Je vois la route dans le noir 

Et suis aveuglé de lanternes,


Je suis rempli de lumière,

De sable,

D’arbres et de trésors,

De routes, de ponts, de rivières,

De vagues, 


De l’ombre

D’une feuille sur l’eau.


Je suis si seul en moi...



Sohrab Sepehri

adapté du persan par Sylvie Mochiri Miller



روشني ، من ، گل ، آب

ابری نیست

بادی نیست

می نشینم لب حوض

گردش ماهی ها روشنی من گل آب

پاكی خوشه زیست

مادرم ریحان می چیند

نان و ریحان و پنیر آسمانی بی ابر اطلسی هایی تر

رستگاری نزدیك لای گلهای حیاط

نور در كاسه مس چه نوازش ها می ریزد

نردبان از سر دیوار بلند صبح را روی زمین می آرد

پشت لبخندی پنهان هر چیز

روزنی دارد دیوار زمان كه از آن چهره من پیداست

چیزهایی هست كه نمی دانم

می دانم سبزه ای را بكنم خواهم مرد

می روم بالا تا اوج من پر از بال و پرم

راه می بینم در ظلمت من پر از فانوسم

من پر از نورم و شن

و پر از دار و درخت

پرم از راه از پل از رود از موج

پرم از سایه برگی در آب

چه درونم تنهاست


سهراب سپهری


Friday, 21 June 2013

Sohrab Sepehri - LA TERRE APPELLE LA PLUIE

Auprès de toi, je suis
Plus seul encore
Ma vie
S’est étalée depuis 
Ta vague jusqu'à toi
Tu te délies dans
L’espace entre nous deux
Je t'ai trouvée et suis 
Devenu un adepte du culte de l’amour
Partant de toi j’ai pris
La route du chagrin
Et pourtant O limpide, O merveille,
Je n’ai
Pas moyen de te fuir
La terre appelle la pluie
Et moi
Je t’appelle, 
Toi.

Sohrâb Sepehri
Adapte du persan par Sylvie M. Miller


کنار تو تنهاتر شده ام
از تو تا اوج تو ، زندگي من گسترده است
از من تا من ، تو گسترده اي
با تو برخوردم ، به راز پرستش پيوستم
از تو به راه افتادم ، به جلوه ي رنج رسيدم
و با اين همه اي شفاف
و با اين همه اي شگرف
مرا راهي از تو به در نيست
زمين باران را صدا مي زند
من تو را

سهراب سپهري

Thursday, 14 February 2013

Sohrab Sepehri - ROSERAIE

Sohrab Sepehri - Roseraie


Quels vastes prés, quelles montagnes,

Quelle odeur d’herbe!

Dans ce paradis, j'étais en quête d’un rêve,

D’un sourire, d’une lumière, d’un destin

Intacte, derrière les peupliers, une insouciance m’appelait.

Je m'arrêtais à des roseaux,

Le vent soufflait,

J'écoutai: Quelqu’un me parle?

Un lézard fit un mouvement,

Je repris la route, un champs

De luzerne, tout au bout,

Puis, un carré de concombres,

Des terres incultes aux tons fleuris,

Puis la poussière et l’oubli.

Près d’un point d’eau,

Je retirais mes sandales et m’asseyais, 

Les pieds dans l’eau.


Comme je suis neuf, aujourd’hui,

Comme mon corps est à l'écoute, 

Si seulement aucun chagrin n'était caché par les montagnes.

Qui bouge là, derrière les arbres?

Rien, une vache

Et son manège sur les sillons.”


On est au plus haut de l'été

Et l’ombre, une ombre sans défaut,

Reconnaît bien ce genre d'été.

Une clairière dans la lumière,

O, innocents, c’est bien l’endroit pour s’amuser!


La vie n’est pas un néant,

Elle est pomme, bonté, confiance.

Oui, nous devons vivre tant que les coquelicots sont là.


Quelque chose dans mon cœur fait comme un bosquet de lumière

Comme un rêve avant l’aurore.


Mon calme est tel que je voudrais courir jusqu’au bout des champs,

Grimper au sommet des montagnes.


Il y a, dans le lointain, un chahut qui m’interpelle



Sohrab Sepehri




در گلستانه چه بوي علفي مي آمد
من در اين آبادي‌، پي چيزي مي گشتم‌: 
پي خوابي شايد، 
پي نوري‌، ريگي‌، لبخندي‌. 

پشت تبريزي ها 
غفلت پاكي بود، كه صدايم مي زد. 

پاي ني زاري ماندم‌، باد مي آمد، گوش دادم‌: 
چه كسي با من‌، حرف مي زند؟ 
سوسماري لغزيد. 
راه افتادم‌. 
يونجه زاري سر راه‌. 
بعد جاليز خيار، بوته هاي گل رنگ 
و فراموشي خاك‌. 

لب آبي 


گيوه ها را كندم‌، و نشستم‌، پاها در آب‌
«من چه سبزم امروز 
و چه اندازه تنم هوشيار است‌! 
نكند اندوهي‌، سر رسد از پس كوه‌. 
چه كسي پشت درختان است؟ 
هيچ‌، مي چرخد گاوي در كرد. 
ظهر تابستان است‌. 
سايه ها مي دانند، كه چه تابستاني است‌. 
سايه هايي بي لك‌، 
گوشه يي روشن و پاك‌، 
كودكان احساس‌! جاي بازي اين جاست‌. 
زندگي خالي نيست‌
مهرباني هست‌، سيب هست‌، ايمان هست‌. 
آري 
تا شقايق هست‌، زندگي بايد كرد. 

در دل من چيزي است‌، مثل يك بيشه نور، مثل خواب دم 
صبح 


و چنان بي تابم‌، كه دلم مي خواهد 
بدوم تا ته دشت‌، بروم تا سر كوه‌. 
دورها آوايي است‌، كه مرا مي خواند



سهراب سپهری


Wednesday, 2 May 2012

Sohrab Sepehri - LA RONDE DES OMBRES

le vieux figuier étale le secret* de ses jours,
la terre appelle la pluie

le poisson, dans sa ronde, fait un sillon dans l'eau,
l'hirondelle des courbes,
le vent passe,

j'atténue mon regard
le poisson est prisonnier de l'onde
moi, de la douleur

tes yeux s'estompent
ton sourire se flétrit

pour faire de toi mon effigie,
j'ai dirigé l'ombre sur toi

venir à toi sent le désert :
t'aborder, la solitude
ton voisinage, l'esseulement

ma vie s'étend d'un bord de toi
jusqu'à tes cimes;
tu te propages, d'un bord à l'autre 
de moi

ensemble nous avons épié
le hibou;
j'ai découvert,
l'énigme de l'adoration

partant de toi, j'ai abordé
la splendeur du désespoir

et ainsi, ô transparente,
ô glorieuse,
je n'ai plus 
aucune issue pour t'échapper

la terre appelle
la pluie
et moi, je t'appelle - toi
pour faire prisonnier le temps,
j'enchaîne ton icône
à mes mains

le vent se hâte en emportant
ma lutte dans sa poussière

l'hirondelle fait des courbes,
le poisson fait des sillons,
le jet d'eau : des bonds dans l'eau

et comblent cet instant, pour moi.


Sohrâb Sepehri
adapté du persan par Sylvie M. Miller

*  سر peut etre lu "sar"  =  tête, apogée (le vieux figuier étale l'apogée de ses jours)

  ou "ser" = secret (le vieux figuier étale le secret de ses jours)
 
گردش سایه ها

انجیر کهن سر زندگی اش رامی گسترد
زمین باران را صدا می زند
گردش ماهی آب را می شیارد
باد میگذرد چلچله می چرخد و نگاه من کم می شود
ماهی زنجیری آب است و
من زنجیری رنج
نگاهت خاک شدنی لبخندت پلاسیدنی است
سایه را بر تو فرو افکنده ام تا بت من شوی
نزدیک تو می آیم بوی بیابان می شنوم : به تو می رسم تنها می شوم
کنار توتنهاتر شدهام
از تو تا اوج تو زندگی من گسترده است
از من تا من تو گسترده ای
با تو بر خوردم به
راز پرستش پیوستم
از تو براه افتادم به جلوه رنج رسیدم
و با اینهمه ای شفاف
با این همه
ای شگرف
مرا راهی از تو بدر نیست
زمین باران را صدا می زند من ترا
پیکرت را زنجیری دستانم می سازم تا زمان را زندانی کنم
باد می دود و خاکسترش تلاشم را می برد
چلچله
می چرخد گردش ماهی آب را می شیارد فواره می جهد : لحظه من پر می
شود

سهراب سپهری

Thursday, 22 September 2011

Sohrab Sepehri - LA MAISON SANS TAPIS

Sur le métier, ma mère et moi
Tissons des tapis
Jour et nuit 
ِ
Dans cette unique pièce vide, 
Il nous faut planter des fleurs 
Sur toute l'aire d’un tapis

Mais notre chambre n'a pour tapis 
Qu'un kilim* usé
Dieu sait
C'est pour la maison de qui
Que nous peinons de jour
De nuit

Il me faut tisser sans répit, avec des fils en couleur,
Les branches 
Et les bouquets
Nos tapis sont toujours couverts 
De jolies fleurs 
Chamarées

Mais un jour, je produirai
Un dessin si beau 
Peut-être
Encore plus beau que les autres

Ce jour là, je tisserai 
Un tapis de mes deux mains
Pour une maison 
Qui n'en a pas.

Sohrab Sepehri
Adapté du persan par Sylvie M. Miller

*kilim : tapis tissé à plat. Turquie, Kurdistan et régions avoisinantes.
خانه ی بی قالی

من و مادر کنار دار قالی
همیشه روز و شب مشغول کاریم
در این تنها اتاق خالی باید
میان باغ قالی گل بکاریم

ولی فرش اتاق ما
به جز یک گلیم کهنه
چیز دیگری نیست
تمام زحمت روز و شب ما
خدا داند برای خانه ی کیست

همیشه با نخ خوش رنگ باید
ببافم شاخه ها را بوته ها را
تمام نقش قالی های ما هست
پر از گلهای رنگارنگ و زیبا

ولی یک روز نقشی می کشم من
که شاید بهتر از هر نقش باشد
ببافم با دو دستتم فرشی آن روز
که نقشش خانه ای بی فرش باشد

سهراب سپهری

Wednesday, 21 September 2011

Sohrab Sepehri - ISOLEMENT

la lune luit sur le hameau

les villageois sont assoupis
un parfum d''isolement
est dans ce javelot de lune

c'est allumé dans le jardin
du voisin

mais pas chez moi

la lune passe sur le plat 
de concombres, sur le bec 
du versoir de la cruche à eau

les grenouilles chantent
et parfois 
la poule haq* chante aussi


la montagne est près de moi ,
juste derrière les érables et derrière les oliviers

on voit également le désert
sans y distinguer les pierres
sans y distinguer les cailles 
les ombres vues de loin ressemblent 
à la solitude de l’eau
elles ressemblent au chant de Dieu

il devrait être minuit

la Grande Ours est celle là : 
deux empans au-dessus du toit

le ciel n’est pas bleu, il l'était
tout au cours de la journée
me souvenir que demain 
je dois aller au jardin de Hassan pour acheter 
des prunes et des abricots
me souvenir que demain 
c'est le dernier jour du mois

me souvenir de dessiner 
les chèvres avant l'abattoir,
les branches, l'ombre qu'elles font sur l'eau

me souvenir de vite sortir 
tout papillon tombé dans l'eau 
de ne rien faire pour enrayer les usages de la terre

me souvenir de laver, 
à l'aide d'une branche de peuplier,
ma serviette dans le ruisseau

me souvenir que je suis seul 

La lune est sur la solitude

Sohrab Sepehri
adapté du persan par Sylvie M. Miller

la poule haq: nom donné à un oiseau qui - dit-on - se suspend aux branches, la tête en bas, et crie HAQ HAQ toute la nuit, jusqu'à ce que le sang lui coule du gosier.
غربت

ماه بالای سر آبادی است
اهل آبادی در خواب
روی این مهتابی خشت غربت را می بویم
باغ همسایه چراغش روشن
من چراغم خاموش
ماه تابیده به بشقاب خیار به لب کوزه آب
غوک ها می خوانند
مرغ حق هم گاهی
کوه نزدیک من است : پشت افراها سنجد ها
وبیابان پیداست
سنگ ها پیدا نیست گلچه ها پیدا نیست
سایه های از دور مثل تنهایی آب مثل آواز خدا پیداست
نیمه شب باید باشد
دب کبر آن است : دو وجب بالاتر از بام
آسمان آبی نیست روز آبی بود
یاد من باشد فردا بروم باغ حسن گوجه و قیسی بخرم
یاد من باشد فردا لب سلخ طرحی از بزها بردارم
طرحی از جارو ها و سایه هاشان در آب
یاد من باشد هر چه پروانه که می افتد در آب زود از آب درآرم
یاد من باشد کاری نکنم که به قانون زمین بر بخورد
یاد من باشد فردا لب جوی حوله ام را هم با چوبه بشویم
یادمن باشد تنها هستم
ماه بالای سر تنهایی است

سهراب سپهری

Sunday, 2 May 2010

Sohrab Sepehri - DERRIERE LA TERRE AUX CYPRES

Derrière
la terre aux cyprès
la neige
la neige

une virée de corbeaux
le sentier parle
d'errance,
de vent, de chant, de voyageur,
et d'une envie de sommeiller

les branches du lierre, l’arrivée,
la cour
moi
ma nostalgie
et ce carreau trempé de pluie
j’écris -ces deux murs
l’espace
ce moineau

un tel a du chagrin
l'autre tricotte
un autre chante
un autre compte

la vie
c’est un étourneau
qui s'envole

qu’est-ce qui t'a fait de la peine ?
les bonheurs ne manquent pas
prends ce soleil
prends l’enfant d'après demain
le pigeon de l’autre semaine

quelqu’un est mort cette nuit
mais le pain de blé reste frais
et l’eau coule encore en bas

les chevaux boivent
les gouttes dans le flux de l'eau
le silence sur la neige
et
le temps sur le pilier
de l'inconstance des lilas


Sohrab Sepehri
traduit du persan par Sylvie M. Miller

پشت کاجستان
پشت کاجستان، برف.
برف، یک دسته کلاغ.
جاده یعنی غربت.
باد، آواز، مسافر، و کمی میل به خواب.
شاخ پیچک، و رسیدن، و حیاط.

من، و دلتنگ، و این شیشه‌ی خیس.
می‌نویسم، و فضا.
می‌نویسم، و دو دیوار، و چندین گنجشک.

یک نفر دلتنگ است.
یک نفر می‌بافد.
یک نفر می‌شمرد.
یک نفر می‌خواند.

زندگی یعنی: یک سار پرید.
از چه دلتنگ شدی؟
دلخوشی‌ها کم نیست: مثلا این خورشید،
کودک پس‌فردا،
کفتر آن هفته.

یک نفر دیشب مرد
و هنوز، نان گندم خوب است.
و هنوز، آب می‌ریزد پایین، اسب‌ها می‌نوشند.

قطره‌ها در جریان،
برف بر دوش سکوت
و زمان روی ستون فقرات گل یاس.

Wednesday, 28 April 2010

Sohrab Sepehri - LE VECU

un jour
les portes s'entrebaîllèrent :
de feuilles - pas
de branches - aucune

c'était là le vieux jardin

les oiseaux de ces hauts lieux
étaient éteints
mornes, ici
ternes, là
la morosité régnait

en cet aire, loups et moutons marchaient de front
le bruit, la voix manquaient de tons

avait-on donc rangé l’écran ?

moi parti, lui en-allé
on nous avait privés de nous
marginalisé la beauté

toute eau était devenue mer
chaque vécu
du passé

Sohrab Sepehri
traduit du persan par Sylvie M. Miller
بودی
آنی بود درها وا شده بود
برگی نه شاخی نه باغ فنا پیدا شده بود
مرغان مکان خاموش این خاموش آن خاموش خاموشی گویا شده بود
آن پهنه چه بود : با میشی گرگی همپا شده بود
نقش صدا کم رنگ نقش ندا کم رنگ پرده مگر تا شده بود ؟
من رفته او رفته ما بی ما شده بود
زیبایی تنها شده بود
هر رودی دریا
هر بودی بودا شده بود

Monday, 7 December 2009

Sohrab Sepehri - OÙ EST LA MAISON DE L'AMI?

"Où est la maison de l'ami?"

s'enquit un cavalier, dans l'aube.
Le ciel nomade fit une pause,
offrit à l'ombre sur le sable
la branche de lumière à sa bouche;
puis, mettant un peuplier à son index,
il répondit:
"Avant cet arbre, tu verras
l'allée menant vers un jardin
plus verdoyant qu'un rêve de Dieu;
Deux pas avant d'arriver à la fleur de la solitude
tourne et fais halte au jet d'eau
d'où coulent,
inépuisables,
les romances de la terre
Tu auras peur, d'une peur claire,
Tu entendras le bruissement liquide et secret de l'espace

Puis tu verras,
grimpant au tronc d'un haut sapin,
un enfant
venu prendre un oisillon à la nichée de la lumière
et tu lui poseras ta question:
"Où est la maison de l'ami?"


Poème de Sohrab Sepehri
traduit du persan par Sylvie M.Miller

خانه ی دوست کجاست؟
در فلق بود که پرسید سوار
اسمان مکثی کرد
رهگذر شاخه ی نوری که به لب داشت
به تاریکی شن ها بخشید
و به انگشت نشان داد سپیداری و گفت:
نرسیده به درخت کوچه باغی است که از خواب خدا سبز تر است
پس به سمت گل تنهایی می پیچی
دو قدم مانده به گل
پای فواره ی جاوید اساطیر زمین می مانی
و تورا ترسی شفاف فرا می گیرد
در صمیمیت سیال فضا خشخشی می شنوی
کودکی می بینی رفته از کاج بلندی بالا
جوجه بردارد از لانه ی نور
واز او می پرسی
خانه ی دوست کجاست؟

Saturday, 5 December 2009

Sohrab Sepehri - UNE HALTE DANS L'INSTANT

Si vous venez me chercher,
J'habite
Plus loin que Nulle part

Plus loin que Nulle part
est un lieu

On y voit
des courants d'airs porteurs d'akènes de pissenlits,
messagers de la nouvelle fleur 
née du dernier buisson
sur terre

On y trouve, dans le sable, la trace faite par le sabot
des chevaux dont les cavaliers
graciles
Ont gravi dans l’aube 
la colline d'où s'envole l'ascension des coquelicots

L'ombrelle des requêtes 
y reste ouverte pour laisser 
courir la brise jusqu'au pétiole 
assoiffé d'une feuille

On y entend tinter la pluie.
L'homme y est seul
et un orme, dans ce noir,
étend son ombre pour toujours

Si vous venez m'y chercher
faites-le sans bruit, avec prudence, 

A Dieu ne plaise que se fêle 
la fine porcelaine de ma solitude.

Sohrab Sepehri

traduit du persan par Sylvie M. Miller



واحه ای در لحظه
به سراغ من اگر می آیید.
پشت هیچستانم
پشت هیچستان جایی است.
پشت هیچستان رگ های هوا پر قاصدک هایی است
که خبر می آرند از گل واشده در دورترین بوته خاک
روی شن ها هم نقش سم اسبان سواران ظریفی است که صبح
به سر تپه معراج شقایق رفتند
پشت هیچستان چتر خواهش باز است
تا نسیم عطشی در بن برگی بدود
زنگ باران به صدا می آید
آدم اینجا تنهاست
و در این تاریکی سایه نارونی تا ابدیت جاری است
به سراغ من اگر می آیید نرم و آهسته بیایید
مبادا ترک بردارد چینی نازک تنهایی من

Sunday, 15 November 2009

Sohrab Sepehri - APPELLE-MOI

Appelle-moi.

Ta voix est bonne.

Ta voix
est la chlorophylle de cette plante étrange dont - aux confins de l'intimité -
vient le chagrin

D’avoir voulu composer
sur mon entente d’une rue
ma solitude s’est accrue
en cette soirée morose

Viens,
que je te dise combien ma solitude est profonde;
ma solitude ne comptait pas sur l'assaut de ton emprise.
Et c'est ceci l'interêt
de l'amour
pas le sujet

Viens,
que nous volions la vie pour la partager en deux
et nous y rencontrer deux fois

Viens,
pour que nous comprenions l’attitude de la pierre
et que nous voyions tout plus vite

Regarde à l’écran du bassin, la trotteuse des jets d’eau
qui fait une sphère avec le temps
Liquéfie-toi comme un mot sur la ligne de mon vide
Viens faire fondre dans ma main, le crime irradiant de l’amour

Réchauffe-moi

Un jour,
le désert de Kachan s'était couvert de nuages.
Et il a plu une forte pluie.
Et j'ai eu froid et je trouvai
un foyer de coquelicots derrière une pierre pour me chauffer

Dans ces ruelles sans lumière, j’ai peur de la conjugaison
de l'allumette et du soupçon,
peur
de cette ère de ciment

Viens. Pour que je n’aie plus peur des grues des villes dans leurs prés
de terre noire

Ouvre moi, comme une porte,
sur un tapis de poires tombées
dans l’ascension du soir d’acier

Endors-moi sous une branche,
loin de la nuit gémissante de l'impact des métaux

Et si le créateur des mines du matin
vient
appelle-moi:
je m'éveillerai sous tes doigts, dans la naissance d'un jasmin

Après quoi,
tu me diras les bombes, alors que je dormais
tu me réciteras les joues qui se mouillèrent dans mon sommeil
et le nombre de canards qui s'envolèrent sur la mer

Et de quelle notion de paix,
- lorsque, dans l'échaffourée,
le rêve d'un enfant était sur le passage de l'armée -
le canari tissé de jaune s'inspira-t-il
pour chanter ?

Dis moi quels ports font entrer des articles vertueux?
et quelle science a détecté
les relents de poudre dans la musique salutaire?
et par quel raisonnement
la saveur secrète du pain exsude-t-elle une augure?

Dis-moi
et, comme une religion
prise à l'éclat de l'équateur,
je te placerai devant
l'allée première d'un jardin


Sohrab Sepehri
traduit du persan par Sylvie M. Miller

صدا کن مرا
صدای تو خوب است
صدای تو سبزینه آن گیاه عجیبی است 
که در انتهای صمیمیت حزن می روید
در ابعاد این عصر خاموش 
من از طعم تصنیف درمتن ادراک یک کوچه تنهاترم 
بیا تابرایت بگویم چه اندازه تنهایی من بزرگ است 
و تنهایی من شبیخون حجم ترا پیش بینی نمی کرد 
و خاصیت عشق این است 
کسی نیست 
بیا زندگی را بدزدیم آن وقت 
میان دو دیدار قسمت کنیم 
بیا با هم از حالت سنگ چیزی بفهمیم 
بیا زودتر چیزها را ببینیم 
ببین عقرباک های فواره در صفحه ساعت حوض 
زمان را به گردی بدل می کنند 
بیا آب شو مثل یک واژه در سطر خاموشی ام 
بیا ذوب کن در کف دست من جرم نورانی عشق را 
مرا گرم کن 
و یک بار هم در بیابان کاشان هوا ابر شد 
و باران تندی گرفت 
و سردم شد آن وقت در پشت یک سنگ 
اجاق شقایق مرا گرم کرد 
در این کوچه هایی که تاریک هستند 
من از حاصل ضرب تردید و کبریت می ترسم 
من از سطح سیمانی قرن می ترسم 
بیا تا نترسم من از شهرهایی که خاک سیاشان چراگاه جرثقیل است
مرا باز کن مثل یک در به روی هبوط گلابی در این عصر معراج پولاد 
مرا خواب کن زیر یک شاخه دور از شب اصطکاک فلزات
اگر کاشف معدن صبح آمد صدا کن مرا 
و من در طلوع گل یاسی از پشت انگشت های تو بیدار خواهم شد 
و آن وقت 
حکایت کن از بمبهایی که من خواب بودم و افتاد 
حکایت کن از گونه هایی که من خواب بودم و تر شد 
بگو چند مرغابی از روی دریا پریدند 
در آن گیر و داری که چرخ زره پوش از روی رویای کودک گذر داشت 
قناری نخ زرد آواز خود را به پای چه احساس آسایشی بست 
بگو در بنادر چه اجناس معصومی از راه وارد شد 
چه علمی به موسیقی مثبت بوی باروت پی برد 
چه ادراکی از طعم مجهول نان در مذاق رسالت تراوید 
و آن وقت من مثل ایمانی از تابش استوا گرم 
ترا در سر آغاز یک باغ خواهم نشانید

Friday, 28 August 2009

Sohrab Sepehri : Pour Toujours

Un maigre vol d’étourneaux
Quitte dans l’après midi
Une haie de persistantes

L’arbre, lui, reste
Par bonté
Et fait couler sur mon épaule
Une aurore de pureté

Parle, femme, des rendez vous
Nocturnes, ici, dans les bras
Chargés de senteurs
De la brise

Remplis mes mains de mon enfance
Au sein de tant d’obscurité
Parle, oh plus belle, plus parfaite,
Emplis mon sang de gaité
Révèle mon pouls dénudé
Au souffle rêche de l’amour

Marche sur ces dunes vierges
Marche jusqu'à la clarté
Des jardins croulant de fables
Sur les berges lumineuses
Où sont les impromptus du vin.

Parle, oh muse du bédouin,
Lave ma peine
Aux rives lointaines
Des paroles et de l’esprit

Abreuve du gosier de l’eau
Les déserts salés du mal

Puis endors-moi dans l’illusion
De champs épargnés par l’orage


Poème de Sohrab Sepehri
Traduit par Sylvie M. Miller
à partir de la traduction anglaise de Tatul Sonentz


همیشه
عصر 
چند عدد سار 
دور شدند ازمدار حافظه کاج 
نیکی جسمانی درخت به جا ماند 
عفت اشراق روی شانه من ریخت 
حرف بزن ای زن شبانه موعود 
زیر همین شاخه های عاطفی باد 
کودکی ام رابه دست من بسپار 
در وسط این همیشه هیا سیاه 
حرف بزن خواهر تکامل خوشرنگ 
خون مرا پر کن از ملایمت هوش 
نبض مرا روی زبری نفس عشق 
فاش کن 
روی زمین های محض 
راه برو تا صفای باغ اساطیر 
در لبه فرصت تلالو انگور 
حرف بزن حوری تکلم بدوی 
حزن مرا در مصب دور عبارت 
صاف کن 
در همه ماسه های شور کسالت 
حنجره آب را رواج بده 
بعد 
دیشب شیرین پلک را 
روی چمن های بی تموج ادراک
پهن کن

سهراب سپهري
از مجموعه حجم سبز