Quelqu’un m’a donné une feuille
rapportée des bois voisins
Une simple feuille
On dirait une chose en bronze
à peine retirée du feu,
un quelconque objet fragile
que l’automne aurait lavé
de son haleine frissonnante
On dirait que c’est la plume
en feu d’un oiseau royal
je la retourne entre mes mains
je l'admire comme on ferait
d’ une offrande rarissime
Au bout de mes doigts émus
ce que j'entends sont tous les bois
qui se plaignent et gémissent
L’automne est parti, tout tremblant,
et c’est une autre saison
qu'on a arrachée à nos coeurs
puis perdue
Un espoir qu’on alluma
L’histoire muette de nos vies
Un chant doré dont les voix
furent dispersées
Je m’approche de la cheminée
et vers sa flamme,
tends mes doigts transis de froid
par le trépas de l’automne
texte original de Kostan Zaryan (1885-1969)
traduit par Sylvie M. Miller
lire l'original en anglais sur Armenian Poetry Project
Thursday, 28 January 2010
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