D’où?
pour être ainsi
imprégnée de l'odeur des nuits ?
la terre est fraîche de sa tombe -
c'est de la tombe de ces deux mains
jeunes et vertes que je parle
Tu étais bon, mon amour
Amour unique entre tous
si bon, lorsque tu mentais,
si bon, lorsque tu fermais leurs paupières
aux miroirs,
lorsque
tu cueillais des lustres
leurs pétioles
de métal
lorsque
tu me prenais au noir de l’oppression
pour m’emmener
au pâturage de l’amour
jusqu'à ce que,
ahurie,
la vapeur
- celle qui suit
les feux que la soif allume -
s’asseye sur l’herbe des rêves
Forough Farrokhzâd - tiré du poème "Saison froide"
traduit du persan par Sylvie M. Miller
من از کجا میآیم؟
من از کجا میآیم؟
که این چنین به بوی شب آغشتهام؟
هنوز خاک مزارش تازهست
مزار آن دو دست سبز جوان را میگویم ..
چه مهربان بودی ای یار، ای یگانهترین یار
چه مهربان بودی وقتی دروغ میگفتی
چه مهربان بودی وقتی که پلکهای آینهها را میبستی
و چلچراغها را
از ساقههای سیمی میچیدی
و در سیاهی ظالم مرا بسوی چراگاه عشق میبردی
تا آن بخار گیج که دنبالهی حریق عطش بود بر چمن خواب مینشست
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