Parce que l’épaule de l’automne
A découvert un peu de ciel
L’air a enflammé ses ruches
Pleines d’abeilles
Et la feuille tombe en son trépas
Balancée dans un bruit de lune
Quelque part la mer chuchote
Dans les arbres
L’âme
Se cherche
En ce cercueil d’or frissonnant,
L’âme
Se confie une évidence:
Le secret rouge des floraisons
Où aller poser ma tête ?
L’heure a son regard d’agneau
L’ombre frémit
L’astre
Se double à l’ infini
L’exil m’ayant pris par les mains
Mon cœur m’entraîne
Sur la berge
Et la nuit verse
Goutte à goutte un chant devin - en goutte à goutte ;
Verse
Comme dans la main
Démesurée d’un mendiant
Les monnaies fraîchement frappées
De quelqu’ange maladroit
Et cependant
Parce que l’automne
A découvert un peu de ciel
L’âme soulève
Enivrée,
L’évidence rouge de son secret :
Désir brûlant,
Déraciné
Cependant qu’enfiévrée, ma tête
Emue et envahie d'amour,
Penche vers toi
Seul
je suis venu chez toi
Et sur ce lit où hier
Déjà
Ta fièvre consumait mes lèvres
Je me suis plié vers toi
Présence douce
Impondérable
Ainsi
Sur une corolle brune, O ma précieuse bien aimée,
J’entre dans l’éternité
Muettes, les lèvres du silence
Qui s’enivre
Obliques
Les gerbes de lumières
Cierges dressés d'un sanctuaire.
Tout est spirale
L'aube déjà
A composé en son gosier
Le chant pour que demain le ciel
Souffle son bleu.
Pour que lancée sur le trapèze
d'un cirque miraculeux
L'âme amplifie son ardeur
Quand
Tout à l'heure, je m'en irai
Ton ombre viendra frissonnante
Sur mes traces
Le silence
Un blanc message
Volets clos, âmes aimables
En cette heure incandescente
Mon cœur pénètre son mystère
Mon pas titube et la clef tremble
Tison ardent dans ma main
Quand
Tout à l'heure je m'en irai
Ton ombre viendra essoufflée
Prendre la clef de mes mains
Pour que le ciel souffle son bleu
Et que mes mains demeurent chaudes
Et pures
texte original de Kostan Zaryan (1885-1969)
traduit par Sylvie M. Miller
lire l'original en anglais sur Armenian Poetry Project
Wednesday, 12 August 2009
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