aux boucles d’oreilles de nacre
j'ai froid et je sais que de toutes les appréhensions
pourpres d'un coquelicot sauvage
il ne restera pas plus que quelques gouttes
de sang
De même que je cesserai de délimiter les marges,
je cesserai de compter,
et je me refugierai
loin des tracés élémentaires, dans l’évidence des plans larges
je suis pauvre
pauvre
pauvre
je suis pareille aux silences
entre les mots cléments du pauvre
et mes blessures sont d’amour
toutes d’amour, d'amour, d'amour
j'ai préféré cette île errante
à l'orbite de l'équateur,
à l'éruption des montagnes
et son secret - à cette alliée
dont les plus petits fragments ont fait naître le soleil -
est de s’être morcelée
Forough Farrokhzâd - tiré du poème "Saison Froide"
traduit du persan par Sylvie M. Miller
من سردم است و از گوشواره های صدف بیزارم
من سردم است و میدانم
که از تمامی اوهام سرخ یک شقایق وحشی
جز چند قطره خون
چیزی به جا نخواهد ماند
خطوط را رها خواهم کرد
و همچنین شمارش اعداد را رها خواهم کرد
و از میان شکلهای هندسی محدود
به پهنههای حسی وسعت پناه خواهم برد
من عریانم، عریانم، عریانم
مثل سکوتهای میان کلامهای محبت عریانم
و زخمهای من همه از عشق است
از عشق، عشق، عشق
من این جزیرهی سرگردان را
از انقلاب اقیانوس
و انفجار کوه گذر دادهام
و تکهتکه شدن، راز آن وجود متحدی بود
که از حقیرترین ذرههایش آفتاب به دنیا آمد
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