Salâm! Ô nuit qui transformes les yeux des loups du désert
en orbites caverneux de croyance et de confiance
Et au bords de tes ruisseaux,
la brise des saules - la brise douce
sent l'approche des cognées
moi, j’appartiens à ce monde où les pensées n’ont pas de poids,
le monde des mots et des bruits,
et cette terre est similaire aux repaires de serpents,
et cette terre est pleine du bruit
des pas de tout un peuple qui,
cependant que je t’embrasse, tresse la corde pour te pendre.
Salâm, Ô nuit immaculée!
Il y a toujours un espace
entre le voir et la fenêtre
pourquoi n’ai-je pas regardé,
comme
lorsqu'un homme s'est avancé
entre les arbres mouillés ?
Forough Farrokhzâd - tiré du poème "Saison Froide"
traduit du persan par Sylvie M. Miller
سلام ای شب معصوم!
سلام ای شبی که چشمهای گرگهای بیابان را
به حفرههای استخوانی ایمان و اعتماد بدل میکنی
و در کنار جویبارهای تو، ارواح بیدها
ارواح مهربان تبرها را میبویند
من از جهان بیتفاوتی فکرها و حرفها و صداها میآیم
و این جهان به لانهی ماران مانند است
و این جهان پر از صدای حرکت پاهای مردمیست
که همچنان که ترا میبوسند
در ذهن خود طناب دار تو را میبافند
سلام ای شب معصوم
میان پنجره و دیدن
همیشه فاصلهایست
چرا نگاه نکردم؟
مانند آن زمان که مردی از کنار درختان خیس گذر میکرد…
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