il me semble que ma mère
avait pleuré ce soir-là
ce soir où je rencontrai la douleur,
ce même soir où la perle se forma
ce soir où j'épousai les fleurs
en grappes des acacias,
où Ispahan, tout entier, tintait de mosaïques bleues
et où celui qui m'était une seconde moitié
s'intégrait à la lymphe en moi
et le miroir me le montrait,
aussi pur et aussi clair,
et puis il dit mon nom,
soudain,
et je devins l’épousée des fleurs en grappes
des acacias
il me semble que ma mère
avait pleuré ce soir là -
lucidité si dérisoire
en cette brèche sans issue
pourquoi n’ai-je pas regardé ?
chaque moment de bonheur
savait qu’il ne resterait que des ruines de tes mains
et je n’ai pas regardé
jusqu’au moment où la fenêtre
de l’horloge s’est ouverte
et le triste canari
se mit à chanter quatre fois
se mit à chanter quatre fois
Et moi j'étais exaltée
tout comme cette femme frêle
dont les yeux étaient pareils au nid vide des Simurghs
et qui, je crois, dans la mouvance de ses cuisses, transportait
la vision pure de ma joie
vers la couche de la nuit
peignerai-je, encore une fois, ma chevelure dans le vent?
planterai-je, encore une fois, le parterre
de violettes?
replacerai-je des bougeoirs dans le ciel de la fenêtre?
me remettrai-je à danser sur les verres
encore une fois?
et la cloche de la porte me fera-t-elle me languir
de l'entendre, encore une fois?
Forough Farrokhzâd - tiré du poème "Saison Froide"
traduit du persan par Sylvie M. Miller
چرا نگاه نکردم؟
انگار مادرم گریسته بود آن شب
آن شب که من به درد رسیدم و نطفه شکل گرفت
آن شب که من عروس خوشههای اقاقی شدم
آن شب که اصفهان پر از طنین کاشی آبی بود
و آن کسی که نیمهی من بود به درون نطفهی من بازگشته بود
و من در آینه میدیدمش
که مثل آینه پاکیزه بود و روشن بود
و ناگهان صدایم کرد
و من عروس خوشههای اقاقی شدم
انگار مادرم گریسته بود آن شب
چه روشنایی بیهودهای در این دریچهی مسدود سر کشید
چرا نگاه نکردم؟
تمام لحظههای سعادت میدانستند
که دستهای تو ویران خواهد شد
و من نگاه نکردم
تا آن زمان که پنجرهی ساعت
گشوده شد و آن قناری غمگین چهار بار نواخت
چهار بار نواخت
و من به آن زن کوچک برخوردم
که چشمهایش مانند لانههای خالی سیمرغان بودند
و آن چنان که در تحرک رانهایش میرفت
گویی بکارت رویای پرشکوه مرا
با خود بسوی بستر شب می برد.
No comments:
Post a Comment